Un homme à la mer

Le 4 septembre 1938, Albert quitte Aurillac avec sa jeune épouse pour aller voir la mer.

Ils ne furent pas installés qu’Albert voulu à tout prix en cette journée encore estivale plonger son corps tout entier dans cette eau tiède et calme de la Méditerranée.

Ne sachant pas nager, il ne s’éloigna pas du bord, mais voulant à tout prix que sa femme fixe ce moment inoubliable que représentait la rencontre d’un Auvergnat avec une masse d’eau s’étendant jusqu’à l’horizon, il partit aux limites de perdre pied.

Jusque-là, tout se passait bien, comme l’atteste le premier cliché. Sur la pointe des pieds, tel un jeune chien, il repousse l’eau de ses bras pour rester en équilibre sur le sol sablonneux. L’image qui suit nous laissant croire qu’il sait nager.

Un homme à la mer 1

 Quelques secondes plus tard, alors qu’il avait pris la résolution de rejoindre la plage, il fit un pas dans un trou creusé par les vagues, et notre homme, prit d’une soudaine panique s’agita pour tenter de reprendre contact avec le fonds de cette mer surprenante. Poussant quelques cris étouffés sa femme crue qu’il désirait qu’elle réalise un deuxième cliché.

Un homme à la mer 2

Après cette dernière image, la mer redevint comme avant son passage, immense, calme et insondable.

Ne sachant pas nager, sa femme après avoir réalisé un dernier cliché, sans l’intention de le faire, resta debout, désemparée à l’attendre.

Noyé

Un ami venu en train ramena Germaine et la voiture à Aurillac : elle n’avait pas le permis de conduire.

Depuis, elle apprend à nager.

Dieu est encore trop petit pour peser sur le monde.
André Ricros

 Le 17 novembre 2013
Lagarrigue

 

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