SHELTA

Rencontre avec Fabien Guiloineau pour parler de son parcours, de Shelta et de la sortie de leur second album pour la mi-juin 2010.


Quel est votre parcours musical, votre formation ? Comment êtes vous venu à la musique traditionnelle irlandaise puis à la musique traditionnelle Centre France ? Comment avez-vous appris ?

J’ai d’abord écouté de la musique  folk (Tri Yann, Dubliners…) puis des groupes irlandais comme les Chieftains, Planxty et Bothy Band. C’est vraiment l’aspect mélodique de la musique irlandaise qui m’a plu. Avec un copain nous avions les mêmes goûts et du coup d’être à deux cela nous a motivés pour apprendre et pratiquer la musique irlandaise.

Par rapport à la guitare, j’ai commencé à en jouer au lycée. Je suis autodidacte, car à l’époque il n’y avait pas ou peu de musiciens pratiquant ce répertoire des musiques trad. à la guitare dans la région. Il m’a donc fallu bouger. J’ai fait des stages, des master-class dès que l’occasion se présentait. Ce sont des apports importants pour la pratique instrumentale.  En parallèle je me suis mis à jouer aussi du bouzouki.

Ensuite le passage à la pratique de la musique traditionnelle du Centre-France s’est fait logiquement. Je me suis rendu compte que j’habitais dans une région où il y avait une pratique musicale particulière et dont je n’avais pas ou peu de connaissances. Et grâce à des rencontres je m’y suis intéressé et j’ai commencé à en jouer.

Vous participez à différentes formations, vous animez des ateliers de guitare au CMTRA à Lyon, est-ce que ce n’est pas trop difficile de jongler entre toutes ces activités ?

Mon emploi du temps est bien chargé. Mais comme je pratique deux musiques différentes ce n’est ni lassant ni ennuyeux.

Donner des cours me permet de me poser des questions sur ma manière de jouer et sur la pédagogie. La création s’en trouve améliorée. C’est une autre façon de travailler qui est enrichissante. Enseigner me plait mais je ne pourrais pas faire que ça. C’est un métier différent de celui de musicien même si ce sont des activités compatibles.

Comment est né le groupe Shelta ?

A l’origine nous étions deux de Clermont-Ferrand et deux de Poitiers. Nous nous étions rencontrés dans des sessions à Montluçon et La Châtre. Nous avons aussi joué ensemble dans des festivals. Il ne faut pas hésiter à faire des kilomètres pour pouvoir jouer.

Comme il y avait une bonne entente entre nous le groupe est devenu une suite logique et avec le temps la formation s’est agrandie.

La distance est un frein mais l’organisation et la motivation de chacun permettent au groupe de fonctionner. Sur les 5 membres du groupe nous sommes trois à nous voir régulièrement sur Lyon, nous avons ainsi un lien régulier où nous pouvons échanger nos pensées, nos idées et même répéter.

Il y a une bonne cohésion humaine et musicale au sein du groupe et le niveau de pratique de chacun permet à Shelta de tourner.

Pourquoi le nom de « Shelta » ?

Shelta est le nom donné à la langue des gens du voyage en Irlande. L’histoire des gens du voyage a contribué à la transmission de la musique irlandaise entre autre dans le style de jeu de la cornemuse irlandaise, l’uilleann pipes. Actuellement le musicien Paddy Keenan représente cette façon de jouer.

Pourquoi proposez-vous différentes formules de prestations ?

Nous proposons un format de concert classique d’ 1h30 ; un autre format avec de la danse : environ ¾ d’heure de concert et un bal irlandais avec un maître à danser, Denis Coulon, puisque la musique traditionnelle irlandaise est une musique à danser ; et un format concert et démonstration de Step Dancing (claquettes irlandaises) avec Lydie Carrara et Séverine Le Gal de l’association « Irish Tap and Dance » de Villeurbanne, c’est une nouvelle formule dans une idée de spectacle. C’est une opportunité pour nous de travailler avec elles car elles ont un très bon niveau et la pratique de claquettes irlandaises est très rare en France.

Denis Coulon apprend au public la danse de Ceili qui se danse en groupe de 8 personnes et qui est accessible à tout le monde.

En proposant ces différentes formules cela nous change, nous ne sommes pas fermés dans un modèle de prestation.

Le second album de Shelta va sortir prochainement. Que nous réserve-t-il ? Avec qui avez-vous travaillé ? Qu’est-ce qui vous a poussé à enregistrer de nouveau ?

Depuis peu nous travaillons avec l’Agence Athos Booking (diffusion de spectacles) ce qui est un plus dans la professionnalisation du groupe. Du coup c’est par ce biais que le nouvel album a été soutenu et produit par Athos Production à Lyon.

L’enregistrement a eu lieu dans les Deux-Sèvres, comme le premier album. Nous connaissons bien l’ingénieur du son, Géry Courty, et apprécions sa manière de travailler. Le mastering s’est fait ensuite chez Globe-Audio à Bordeaux.

Sur l’album on retrouve les 5 mêmes musiciens : Tania Buisse (bodhrán), Romain Chéré (flûte traversière en bois, banjo ténor),  John Delorme (violon), Guy Vesvre (accordéon diatonique C#/D) et moi à la guitare.

Musicalement ce second album est plus abouti. Il y a moins de suites classiques et plus de changement de rythmes pour qu’il se passe quelque chose dans l’écoute. L’ensemble est plus homogène, chacun a sa place, il y a plus de cohésion entre tout le monde.

Nous avons gardé le même mélange de musiques traditionnelles et de compositions récentes.

Quel lien avez-vous avec l’Irlande ?

Chaque membre de Shelta va en Irlande au moins une fois par an. Nous avons des amis qui  y habitent, dont un ancien membre du groupe. Nous rencontrons des musiciens de là-bas. Nous avons ainsi fait la rencontre d’un joueur de flute, Ronan Ryan que nous avons invité à plusieurs reprises pour jouer avec nous en France.

C’est abstrait d’être en France et de jouer de la musique irlandaise sans y aller. On a une vision faussée si on ne va pas voir la réalité de la pratique là-bas et si on ne se réfère qu’aux disques.

Quels artistes, groupes irlandais (ou non) vous inspirent, sont vos références ?

Pour la musique irlandaise cela va du très traditionnel au très moderne. Pour citer quelques noms: Michael McGoldrick , Flook, Lunasa, Danu, Dervish, Teada…

Votre actualité ?

La sortie de l’album est prévue pour la mi-juin 2010. Nous avons aussi deux dates importantes avec Shelta: le 24 juin à Lyon en avant première du Festival des Musiques du Monde et le 4 juillet au festival des Roches Celtiques à Saint-Etienne.

Sinon avec Kitus (musiques Centre-France) nous serons aux Rencontres Internationales des Luthiers et Maîtres Sonneurs au Château d’Ars le 15 juillet.

Marie Bergerolle


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