Antoine BOUSCATEL

L’Agence des Musiques des Territoires d’Auvergne (AMTA) et les éditions Italiques (Décombat) viennent de faire paraître un roman consacré à une icône de la cabrette d’Auvergne : Antoine Bouscatel.

Antoine Bouscatel "le roi des cabretaïres", dans les années 1910

Antoine Bouscatel “le roi des cabretaïres”, dans les années 1910

En 450 pages André Ricros,  en collaboration avec Eric Montbel, raconte l’incroyable histoire  de ce « roi des cabretaïres » issu d’un petit village du Cantal. Cette aventure humaine donne à comprendre l’épopée de ces seigneurs de la nuit qui créèrent les bals musette ainsi que les filiations qu’ils ont perpétrées, où de maîtres à élèves, ils se transmettaient des instruments accompagnés de formules magiques.

 

La face cachée de l’Auvergne à Paris…

 A bien des égards les résultats de ces recherches mettent à mal une vision convenue des auvergnats de Paris, où on découvre un univers de tripots, de la nuit et de ses plaisirs, de la musique et de la danse…

En parcourant la trajectoire d’Antoine Bouscatel on pénètre dans une filiation musicale, où, dans le cadre des relations maître-élève qui pouvaient perdurer des décennies, ils se transmettaient des instruments associés à des formules magiques renforçant le mythe, affirmant la filiation et protégeant leurs instruments.

Par contre, derrière ce genre musical remarquable, qui nous laisse de nombreux enregistrements d’artistes nés durant la deuxième moitié du 19ème siècle, il apparaît, en soulevant la couverture de leur quotidien, que ces mêmes cabretaïres avaient des vies bien plus complexes que celles qu’affichaient les apparences.

 

Les dessous de la troisième république …

Les seigneurs de la nuit.

La belle équipe. Parmi les anciens cabretaïres, les jeunes Marcel Bernard au centre devant son père, et Victor Allard derrière le comptoir. On peut également distinguer Barrier, et Feneyroux père et fils, à droite du pilier.

Vivre la nuit dans le quartier de la Bastille fit que nos stars des bals à la musette, vedettes de l’époque, ayant des publics attachés à leur personne tels les grands guitaristes du rock’n roll des années 60, furent vite absorbés par ce que la nuit leur offrait.

Le commerce du sexe cohabitant aux portes de leurs bals, où les filles venaient se désaltérer et danser quelques valses entre deux passes, firent qu’elles remarquèrent très vite la nature, le rayonnement et la force économique de nos rois de la cabrette qui gagnaient en une soirée l’équivalent d’un mois de salaire moyen.

Donc d’évènement en rapprochement quotidiens ils devinrent, comme nous le dit René Saget qui connut deux de ces personnages, « proxénètes par obligation » !

Isidore Limouzy et son compagnon Antoine à la vielle, vers 1910

L’adaptation à la demande.
Par ailleurs, la nuit offrait à toutes les populations des occasions de danser et de ce fait quelques bals homosexuels étaient dispersés dans le Paris de la nuit. Isidor Limousy autre cabretaïre de renom illustre à merveille ce phénomène de tolérance de l’époque.

 L’évolution des mœurs.

Dès la fin de la première guerre mondiale ces mêmes cabretaïres seront invités à vendre leurs bals, chassés de la capitale par une nouvelle vague de proxénètes qui, passant des mains aux armes à feu, désemparèrent le milieu auvergnat. La plupart d’entre eux s’installèrent au vert, pour se faire oublier, en se réfugiant au plus près de leur terre d’origine.
Quant à Antoine Bouscatel, il ne fera pas le voyage vers sa vallée du cantal, mais prendra soin d’installer son nouveau bal en face d’un commissariat de police situé rue de la Huchette : on ne sait jamais !

Des précurseurs des musiques à venir.

Ces artistes aux vies oh combien complexes et agitées participèrent fortement aux mutations musicales qui se cristallisèrent au sortir de la première guerre mondiale où le genre musette prit forme en appui sur les prémices de leurs créations et surtout sur le besoin radical exprimé partout en Europe de tourner la page de l’horreur et d’un passé que plus personne ne voulait entendre.

De la gloire à l’enfer.

Ces seigneurs de la nuit achevèrent  leurs existences sans pouvoir se départir de leurs habitudes, pour finir pour l’essentiel d’entre eux, dans la misère. Les sommets qu’ils avaient atteint leurs interdisant d’emprunter l’échelle sociale à rebours.

Leur peur dut être trop grande et leur dignité les plaça dans l’incapacité de s’adapter à leur économie déclinante.
Pour des Auvergnats, ils firent exception à la règle car il est dit qu’une génération gagne, que la suivante maintient l’acquis et que la troisième dilapide. Eux, contre toute attente atavique, ils réalisèrent l’exploit de parcourir la totalité de cette chaîne durant le temps de leur vie.

 

Cette  publication accompagnée d’un C.D  où l’on peut entendre les cabretaïres cités dans cet ouvrage, présente plus de 300 illustrations pour la plupart inédites.

 

Pour toutes commandes : Auvergne Diffusion : 04 73 63 03 39 www.auvergnediffusion.fr

Tarif : 49€ + Frais de port

Pour tous renseignements

Agence des Musiques des Territoires d’Auvergne (AMTA)
1, route d’Ennezat
BP 169
63204 RIOM Cedex

04 73 64 60 00

Jose.dubreuil@amta.fr
www.amta.fr

 

Pour marque-pages : Permaliens.

Laisser un commentaire