SUR TES PAS…BOURREE DU QUOTIDIEN

danseurs_de_bourre_e_morvan_72_dpi_bis-26647-49886Ça raconte, ça danse, ça montre, ça joue, ça vie et ça pense la bourrée… tout simplement. Évocation d’une danse d’un autre temps, celui d’aujourd’hui, entre virtuel, réel et imaginaire.

« Tiens, j’vais vous expliquer comment j’ai appris à danser la bourrée. Mon père était cultivateur. Avant d’aller à l’école, je prenais mes livres et j’allais garder les vaches dans les près au bord de l’Yonne. J’mettais pas l’nez dans les livres ; Y’avait un moulin en bas et une passerelle par dessus l’Yonne pour les passants. J’me tenais aux deux rambardes, et j’essayais. Trala dila dila dila durene, trala dila, j’y arrivais pas. Je r’commençais, trala dila dila…. Et j’y suis arrivé. J’suis rentré chez moi et j’ai dit « maman, ça y est, je sais danser la bourrée ». Elle m’a dit : « c’est en gardant les vaches que t’as appris à danser ? ».

« Iù aime bien la borreia perque quò fai dansar, n’òm sauta en l’aer, qu’es joios. » (Peire, 14 ans, avril 2012)

« Les femmes savaient la danser, mais c’était pas leur rôle »

« Quand les gars d’Arleuf venaient au bal, c’était autre chose. Ils dansaient la bourrée comme des chefs, c’était des as. J’sais pas, c’était différent. Ah, ils impressionnaient les filles ». (Joseph Fléty, 82 ans, Chaumard, 2002)

« Ça faisait longtemps que j’voulais l’apprendre, mais je n’connaissais personne pour me l’apprendre. Alors j’ai pianoté sur internet et j’ai trouvé des vidéos de danseurs de bourrée. Alors j’ai cliqué, je m’suis mis d’vant l’écran et c’est comme ça qu’j’ai appris à danser la bourrée ». (Édouard, 10 ans, Chiddes, avril 2010)

Ces témoignages, bribes de mémoire d’hier et d’aujourd’hui donnent envie de montrer cette danse, de la sublimer, de la confronter, de la modeler, de la fusionner… Bien souvent abordée lors de créations artistiques, d’évènements spectaculaires ou de mise en scène, la bourrée reste encore un terrain d’investigation, de création, de démonstration à explorer. Dialoguer avec la mémoire et non avec le passé, dialoguer avec la mémoire du geste, de la pulsation et non copier ou recopier, donner des espaces de liberté, de création, d’imaginaire et d’improvisation tels que nous le ressentons, titiller « l’instinctif », donner à entendre les langues des territoires … Comme un apprenti compagnon marche sur les pas de son maître, je danserai sur tes pas…

Équipe artistique

Raphaël Thiery : danse, cornemuse ;
Christian Frappa : danse ;
Daniel Detammaecker : danse ;
Françoise Etay : danse ;
Didier Gris : violon ;
Christophe Raillard : accordéon.

Contact : Raphaël THIERY <ugmm@wanadoo.fr>

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