John WRIGHT

Mercredi 4 septembre 2013, un des artistes phare du mouvement des musiques traditionnelles nous a quittés. Nous tenons à dire tout à la fois notre tristesse et notre reconnaissance. Nos pensées les plus tendres vont à Catherine sa compagne avec qui il a partagé la scène durant des décennies.

John Wright et Catherine Perrier un couple mythique.

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Tous deux nous ont fait l’honneur d’un séjour d’une semaine à l’AMTA au mois de juin.

A l’heure des changements générationnels dans les équipes associatives, nous tenions particulièrement à cette rencontre car ces deux artistes ont largement participé à l’écriture de l’histoire des musiques traditionnelles en France. Ils incarnent tout particulièrement le mouvement folk des années 1960/70.

Connaître cette aventure dans ces moindres détails de la création du folk –club « le bourdon » aux  premiers festivals en passant par les balbutiements du collectage nous semblait nécessaire. Ils ont conté leur trajectoire, chacun ayant une mémoire singulière de ce périple, confortant le propos de l’autre ou le contredisant !

Nous sommes heureux aujourd’hui d’avoir une trace de quelques uns de ces moments, notamment de la rencontre au Gamounet, chez les Brayauds,  le 18 juin que nous avons filmé. Une vraie rencontre, complète avec au programme : témoignage, questions, réponses, repas partagé et bien sûr chansons !

Pour les plus jeunes et ceux qui n’auraient pas eu le bonheur de connaître John, au–delà du grand bonhomme bienveillant qu’il était, c’est un artiste qui laisse derrière lui une importante discographie et bibliographie à rechercher dans les centres documentaires. Ces documents pourront combler une partie du manque. Parmi les plus importants il y a

  • le 33 T« La Guimbarde » dont il était un spécialiste et dont le Chant du Monde lui a confié un Spécial Instrumental.
  • Porque Trobar, Compostela medieval, dir. John Wright, Fonti Musicali, Bruxelles, 1998.

A cet égard,  il faut signaler qu’il s’est passionné pour la reconstruction d’instruments de musique médiévaux. Il a participé à la Compagnie Maître Guillaume, comme musicien médiéval, et il s’est illustré, en 1988, dans « Tempore et Mesura », création de Ris et Danceries dirigée par Francine Lancelot.

Pour ce qui concerne les musiques traditionnelles et anciennes, il a contribué à de nombreux albums tels que le Spécial Folk ou le violon irlandais au  Chant du Monde ;  des albums de chants de marins avec Cabestan ou dans l’anthologie des chansons de mer du Chasse Marée, de la musique ancienne irlandaise….430

Avec sa compagne Catherine ils ont publié une partie de leurs travaux de collectages notamment ceux auprès de Louise Reichert ou Pierre Burgaud. Autant de connaissances, qu’il n’hésitait pas à partager.

 

Musicien, chanteur, chercheur John restera notre originaire d’Angleterre préféré dont il avait conservé  l’humour. Sa gentillesse, la profondeur et l’intensité de son regard, son accent, sa musique…un tout cohérent qui va nous manquer, qui nous manque déjà.

 

José Dubreuil.

Photos : David De Abreu

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2 Commentaires

  1. John,
    Comme il est difficile de parler de l’amitié, de la complicité autrement qu’en évoquant des moments qui sont restés inscrits dans la mémoire.
    Depuis notre première rencontre en 1972 à Straznice, ce furent des concerts en France, en Belgique, des émissions de radio ou de télévision, des festivals…
    Ce furent aussi nos complicités avec Jacques Merlet, avec Francine Lancelot, pour mettre en évidence les liens entre musiques anciennes, baroques et traditionnelles.
    Et quelques enregistrements : les belles mélodies auvergnates du « Spécial instrumental » où ton violon menait ma vielle, ce disque des country dances de Playford, la façon dont tu as fait sonner les contredanses du « Bal des citoyens », la vièle médiévale ou l’organestrum réinventés de « Porque trobar »…
    Et, toujours, ton insatisfaction qui te poussait à refaire pour mieux faire ce qui, au delà du meilleur coup d’archet, te fit devenir luthier, cherchant la bonne torsion d’une corde, la courbure d’une baguette, l’épaisseur d’une table d’harmonie…
    Et comme ce genre de recherches n’est jamais terminé, on te croyait immortel.
    Tu es parti vraiment trop tôt.

    Claude Flagel

  2. Je me souviens, c’était en 1971. Nous revenions d’Aubenas,John devais rentrer sur Paris pour son travail. Dans la traversée de Tournon,sur la route nationale 86, soudain un homme au regard halluciné gesticulait au milieu de la chaussée brandissant un couteau. John a garé la 2 cv, puis est allé à la rencontre de cet homme pour le conduire hors de la chaussée, où il risquait de se faire percuter par une voiture. Je l’ai suivi, un peu inquiet, ne sachant pas si cet homme n’allait pas retourner son couteau contre nous…
    Cette réaction spontanée de John témoigne de sa grande générosité, je suis sûre que la haut il fait le “boeuf” avec les saints(s’ils en reste encore?!?)
    Alain.

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