A Jean-Pierre Delbert

Quand passara davant’na pòrta
un chiroflet i trobaràs

Jean-Pierre, sache que toutes les portes de tes amis resteront ouvertes le temps que tu puisses faire le tour de chacun d’eux, que tu aies le temps de discuter, de jouer quelques bourrées et qu’ils aient le plaisir de te serrer une dernière fois dans leurs bras.

Quand tu passeras devant chaque porte
Un giroflet tu y trouveras.

 

Les êtres que l’on aime disparaissent, comme nous tous car nous sommes vulnérables et ne savons jamais à quelle heure sonne la cloche, mais les souvenirs, eux, restent.
Des souvenirs qui resteront intacts, avec ton allure, ton charme, le plaisir de te voir, de prendre le temps d’aller jusqu’au bout de ce que l’on a à ce dire, au bout de l’échange et repartir léger et heureux de ce que tu as su formuler avec tes mots et cette simplicité que seuls les grands poètes de la nature savent transmettre pour agrandir le monde et laisser suffisamment de place pour croire en l’avenir.

Nous t’avons cru indestructible comme une montagne de basalte.
Nous étions persuadés que tu serais toujours là dans ton nid d’aigle, dans l’écoute des sonnailles et des chants des oiseaux aux premières heures du jour, lorsque, dans l’encadrement de la porte ouverte, tu te laissais imprégner par cet orchestre jouant sans fin la plus belle des musiques, une symphonie pastorale qui depuis toujours s’était glissée sous les touches de ton accordéon et derrière les trous de ta cabrette.
Aujourd’hui, à l’image des ruches portant le deuil de leur propriétaire, les cloches et les oiseaux se sont tus et ce silence est assourdissant.

 

Jean-Pierre, tu nous manques et tu ne cesseras de nous manquer, car il n’est pas envisageable de pouvoir remplacer un être pareil.
Tu fus un loup blanc, notre loup blanc, personnalité débordante avec un sens de l’amitié, un don de soi comme la vallée et le pays tout entier n’ont pas eus souvent le loisir d’en croiser.
Merci d’avoir existé et merci d’avoir pu te rencontrer car chacun de nous en fut grandi, aspiré par cette vitalité, ce goût iréfréné pour la vie et cette curiosité que tu avais pour tes semblables.

André Ricros

 

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Un Commentaire

  1. salut l’ami on pensera souvent a toi!

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